Pedro Vianna, avec Éric Meyleuc absent-présent, propose

poésie pour tous

 

La rubrique Poèmes du mois de ce site créé le 14 avril 2001 a déjà publié

2 070 poèmes de 164 poètes de 31 origines nationales, sans compter ceux de P. Vianna

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poèmes du mois 06 - version en français

anté-prologue

… nous sommes des êtres tridimensionnels avec une logique toujours bidimensionnelle – nous

 organisons toujours en bidimensionnel notre tridimensionnalité donnée • surfaces – tout au plus en plusieurs directions – écrans – miroirs (le labyrinthe nous le rappelle en permanence) • si nous arrivions à penser en tridimensionnel – véritablement en tridimensionnel – notre monde deviendrait-il quadridimensionnel ? oui ? oui ? • est-elle la pensée un escalier labyrinthique, d’un pas en retard – vers ?

 

quand il n’existe plus d’autre mot il n’existe plus d’autre moi – le temps s’en va en balade • la respiration ralentit jusqu’à geler – tout autour je me sens encerclé de vagues nabots, rien que de vagues nabots partout • le ciel est plein de boue grisâtre – tel un écran vide • j’ai l’impression d’être traversé d’un couchant continuel et les clones seraient les migraines que j’ai égarées dans une tirelire volée • … une tirelire que je me suis volée tout seul… • les clones sont les images dont je me passe – les images que j’ai arrachées au fictif du miroir pour les jeter dans l’illusion du réel • de vagues nabots – je suis entouré de nabots sans visage • jadis quand je me regardais dans le miroir je ne me voyais point – maintenant quand je me regarde dans l’écran je me vois toujours en double • mes images bougent différemment de moi-même mais pensent comme je le veux • autrefois – dans l’ancien miroir j’aurais pu au mieux voir mon visage – de plus en plus effacé – de plus en plus méconnaissable – autrement identique • maintenant, dans le nouveau miroir, l’écran, je peux surtout voir mes pensées – les voir, donc les diriger • les diriger, à savoir me rechercher parmi des tunnels-clefs – parmi les tunnels-clefs avec lesquels je m’efforce de desserrer la serrure fermée à clef •

 

en fait, dans toutes les clefs se cache un refus • en fait, tout ce qui nous apparaît disparaît • face à face avec moi-même – si je m’apparais – je disparais • paradoxe • face à face avec moi-même, si je disparais – je m’apparais • paradoxe • suis – suis pas • ne suis pas – suis • j’écris sur une feuille – suis la feuille – la feuille disparaît • j’écris sur la capote d’une automobile – je suis la capote de l’automobile • l’automobile disparaît • pourquoi pas uniquement la capote ? – parce que notre imagination est bidimensionnelle • même l’idée de profondeur – d’abysse – est un concept de la surface • chaque individu cache un appareil photo – peut-être même une caméra à filmer – un stock indéfini de négatifs possibles • l’encre est une ancre au mouillage aboli tel qu’une sentence de condamnation à mort • hein ! j’avance non par déambulation mais par transformation – je m’efforce d’être une chose presque impossible – un homme tridimensionnel avec une pensée tridimensionnelle – éventuellement même quadridimensionnelle • la pensée est surtout ressouvenance – une sorte d’odorat dérivé • surtout mémoire – la pensée pense avec le passé – bien que de préférence vers l’avenir • mais le passé de la tridimensionnalité est la bidimensionnalité – le subconscient profond, la monodimensionnalité – l’inconscient absolu – le néant des dimensions • j’anticipe, j’anticipe… • toute cette planète peut être feuilletée comme un livre – tout le cosmos n’est qu’à peine une page •

prologue

la langue – quel masque ! – nous nous taisons différemment dans des langues différentes – non ! nous souffrons • tout est différent en des langues différentes – pareil à un exil en éventail • nous lisons, bien sûr – mais pas seulement – nous feuilletons différemment en des langues différentes – nous respirons différemment • en plusieurs langues • mais si…

 

mais il est temps – il est grand temps • mes doigts se déprennent de mes mains et s’en vont danser telles des tentacules impondérables sur le clavier biotechnique des miroirs – qui vibrent réveillés brutalement telles des toiles d’araignées télépathiques •

 

avec une paire de mains de réserve, opportunément autogénérées, je feuillette négligemment le catalogue des êtres imaginaires établi, ô, il y a plus de quatre siècles, par le méta-zoologue Jorge Luis Borges • les pages électroniques sont en contact direct, ainsi que le psycho-microscope neuronal, avec le miroir bio-informatique • grâce à celui-ci, il me suffit seulement de percevoir pour que tout ce qui est virtuel devienne a priori, aussi, réel • l’être est donc imagination puisque les perceptions sont, au fond, des images •

 

* cette traduction est parfois assez libre, lorsque le poète a cru bon de s’écarter du texte original,
soit en fonction du génie différent des langues (le roumain et le français, en l’occurrence),
soit sous l’impulsion d’un moment d’inspiration ;
par ailleurs, les seules majuscules du texte sont réservées – à quelques exceptions près –
aux noms propres inclus dans des références bibliographiques, provenant du
Livre des êtres imaginaires de Jorge Luís Borges
ou d’autres sources (réelles ou fictives...).
(note des traducteurs)

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ara alexandre shishmanian

original in Migrene VI–δ*

Ramuri, Bucarest, 2017

traduction en français par

ara alexandre et dana shishmanian

in Les non-êtres imaginaires

Poème dramatique**

L'Harmattan, Paris, 2020

© Ramuri, L'Harmattan

Ara Alexandre Shishmanian

Dana Shishmanian et

Ara Alexandre Shishmanian

pour la traduction en français

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* en français : Migraines VI-δ
** vous pouvez commander ce recueil
ISBN : 978-2-343-19754-8 ; 208 pages, 19,00 euros
 chez votre libraire, directement chez l'éditeur
https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=65459
ainsi que par l'intermédiaire des librairies en ligne
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© Pedro Vianna                                                    dernière mise à jour : 15 mai 2020