Pedro Vianna, avec Éric Meyleuc absent-présent, propose

poésie pour tous

 

La rubrique Poèmes du mois de ce site créé le 14 avril 2001 a déjà publié

2 322 poèmes de 172 poètes de 31 origines nationales, sans compter ceux de P. Vianna

Et la fête continue !                                                                   Bonne navigation !

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poèmes d'éric meyleuc manuscrits 218

ils ne font pas comme nous1

et ils ne sont pas du pays

il ne faut pas laisser faire

sinon bientôt on ne sera plus entre nous

à nous chamailler tranquille entre nous

à surveiller le voisin tranquillement

Qu’il n’aille pas se laisser embringuer

par les idées farfelues2

du premier étranger venu3

qui vient avec ses vaches

qui ne sont pas de chez nous

avec des sous dont on ne sait pas

d’où ils sortent

pour acheter des terres de chez nous4 que

nous on ne pourrait pas les acheter

il faut que ça reste chez nous

même5 si on ne peut rien en faire

puisque l’on a point le même6 sou que l’autre

avec ses vaches rouges qui vont

venir copuler avec les nôtres bien7 tachetées

toutes8 mignonnes

Qu’est-ce qu’elles ont qui ne lui plaise

point nos vaches pour qu’il vienne

avec des9 étrangères. Qu’elles restent

chez elles tes vaches des montagnes

auvergnates. Ici on est en Normandie mon gars on va

t’en faire voir du pays, on verra bien

si tu vas y rester

 

Et l’autre là avec ses alpagas

il les mélange avec des chèvres

t’as vu la couleur de ses crottins10

la même11 que ses alpagas. Ah pour sûr

ça attire les touristes, ça en veut des crottes

faites de l’original comme12 ils disent

eh bien du tout en biologique13

ça dénature tout ce que l’on fait comme14

chez nous.

dans nos montagnes on n’a pas besoin de ça15

ma bouse desséchée ce n’est pas biologique peut-être

avec tous les antibiotiques que je leur donne16

il paraît que ça tue les abeilles

du territoire.17

il a qu’à leur apprendre

de pas aller fourrer leur nez là dedans

quelles drôles d’abeilles tout18 de même19

pas de chez les nôtres pas bien costaudes sûrement20

ouais

avec leur loi ça sert à tout

je t’en ferai moi du bio tiens21

un prétexte pour nous voler nos terres

on l’a pas attendu pour faire du fromage

et de la laine. mais22 non ça leur plaît pas nos vaches rouges

et nos moutons

alors pourquoi qu’ils reviennent ici

Ils pourraient s’habiller

au moins comme23 nous24 au lieu

de leurs frusques25, qu’on dirait qu’ils

partent à la guerre. eh bien ils

vont l’avoir la guerre. un petit peu

de verre pilé dans les abreuvoirs. un

petit incendie dans la grange

on va pas se laisser envahir comme26 cela

Et n’allez pas nous dire que c’est

de la jalousie. À part nos vaches

et nos moutons, il passe pas

grand monde en dehors des périodes

touristiques. Les touristes on peut les plumer

ça rapporte. Mais27 les couillons d’étrangers28 qui

viennent s’installer eux sont si rares alors29

on ne vas pas se gêner dès qu’on en a un

sous le bras hein ! les hivers

sont longs dans nos campagnes.

Et on se connaît trop bien30, alors

c’est tellement plus31 drôle de s’en prendre à un

étranger. Au moins ça réchauffe32 les liens

du sang

malheureusement, ici33 ils ne sont pas tous

comme34 nous35

ce qui fait que l’on ne

peut pas s’amuser comme36 on voudrait

tranquillement. Les gens de souche

se font rares. Beaucoup37 sont partis

vers la grande38 ville, ou la capitale

Et les vacances39 quand40 ils reviennent eh bien ils sont là

à vous faire la morale, les traîtres41

ça donne envie de devenir juif42

eux ils sont supérieurs43 à toutes44 les autres races car

comme disait Nietzche45

eux au moins ils ont46

su préserver leur race pure

 

——————————————

 

oh bon dis donc où que t’as

pêché ça. c’est l’autre là47

la Jeanne d’Arc avec son panache Napoléon48

qui parle sans

arrêt de la nécessité49 de sauver l’honneur de la patrie

du sang impur50

Franchement je n’y crois pas un seul

instant, c’est trop tard.

 

nota bene

1. ce poème est écrit à l’encre noire dans les deux derniers tiers de la soixante-quatorzième page écrite et la totalité des

soixante-quinzième, soixante-seizième et soixante-dix-septième d’un livre de notes offert au poète

lors du 27e Salon du livre de Paris, en mars 2007 (le pays à l’honneur était l’Inde), au format 13,5 cm x 19,6 cm,

relié en « toile Monceau Cachemire sur GTI », contenant 200 pages non lignées

(dont six pages de garde et de crédits, deux au début et quatre à la fin), soit 100 feuilles, de couleur blanche,

au format 12,7 cm x 18,7 cm, mais dont les deux premières feuilles ont été arrachées probablement avant de servir ;

ce livre de notes contient un grand nombre de poèmes, des réflexions diverses, des aide-mémoire, des notes personnelles,

des notes prises à partir de lectures, le tout écrit entre la fin de 2010 et probablement la fin d’octobre 2014,

la presque totalité des textes étant datés ; le dernier texte daté, qui figure dans la cent-quatre-vingt-sixième page écrite du livre,

est précédé de la mention le 20/10/2014 ;

le poème que nous transcrivons ici est précédé de la date lundi 15 Août 2011 ;

notons que ce jour-là nous étions dans le Haut Cantal, où nous avions séjourné du 1er au 18 août ;

par ailleurs, il convient de noter que ce texte — que l’on pourrait hésiter à classer parmi les poèmes de l’auteur, vu son style,

associé à sa longueur, inhabituelle chez le poète — fait référence à des situations concrètes, dont nous avons pu avoir connaissance :

des réactions négatives de paysans normands face à un élevage qui comptait des vaches salers dans son troupeau

et des réactions négatives de paysans cantalous face à l’installation d’un éleveurs de chèvres et d’alpagas dans un secteur du Haut Cantal

2. dans le manuscrit, ce vers est écrit dans l’interligne qui sépare le vers précédent du vers suivant, en commençant encore dans la marge de gauche

3. dans un premier temps, ce vers était par le premier [abrégé en 1er] étranger venu, puis le poète a inséré

le vers précédent (cf. la note 2 ci-avant), a barré par et a transformé le en du

4. dans le manuscrit, les mots de chez nous sont écrits légèrement de biais dans l’interligne supérieur,

en commençant juste au-dessus de l’espace entre terres et que

5. dans le manuscrit, même est, comme souvent, abrégé en un “m” surmonté d’un trait

6. dans le manuscrit, même, comme souvent abrégé en un “m” surmonté d’un trait,

est écrit dans l’interligne supérieur juste au-dessus de l’espace entre le et sou ;

notons par ailleurs que le sou est nettement écrit au singulier

7. dans le manuscrit, bien est écrit dans l’interligne supérieur entre nôtres et tachetées

8. dans le manuscrit, toutes est, comme souvent, abrégé en ttes

9. dans un premier temps, le poète avait écrit d’autres, puis il a barré autres et a transformé le d’ en des

10. dans le manuscrit, ce vers a été réécrit par-dessus à l’identique avec le même stylo noir que a servi à l’écriture du poème ;

le possessif ses est clairement écrit ainsi, alors que l’on aurait pu s’attendre à trouver “leurs”, renvoyant aux chèvres ;

mais ici, ses ne peut renvoyer, volontairement semble-t-il, qu'à l'autre là, c'est-à-dire l’éleveur d'alpagas

11. dans le manuscrit, même est, comme souvent, abrégé en un “m” surmonté d’un trait

12. dans le manuscrit, comme est, comme souvent, abrégé en un “c” surmonté d’un accent circonflexe

13. dans le manuscrit, ce vers est écrit sur deux lignes dans la marge de droite, en commençant à la hauteur de l’interligne supérieur du vers précédent

14. dans le manuscrit, comme est, comme souvent, abrégé en un “c” surmonté d’un accent circonflexe

15. dans le manuscrit, ce vers avait été d’abord écrit dans l’interligne qui suit le vers t’as vu la couleur de ses crottins,

probablement donc avant l’écriture de la suite, puis, au moyen d’une flèche, le poète a indiqué qu’il devait être placé là où nous le transcrivons ;

par ailleurs, dans le manuscrit, dans est, comme souvent, abrégé en ds

16. dans le manuscrit, ce vers et les huit suivants sont écrits dans le dernier tiers de la

soixante-quatorzième page écrite du livre de notes, après la fin du poème ;

ils sont précédés d’un astérisque, auquel renvoie un autre astérisque placé à la fin du vers qui,

dans notre transcription, précède le premier de ce bloc de texte ;

il nous a donc semblé évident que cet ajout avait sa place ici ;

notons, en outre, que l’astérisque à la fin du poème est placé au début du deuxième vers

du bloc ajouté, comme si le premier de ces vers avait été ajouté à l’ajout

17. dans un premier temps, le poète avait écrit du territoire. Mais [abrégée en ms] ça ici avec ses ruches / ces [lecture conjecturale],

puis il a barré tous les mots qui suivaient du territoire. ainsi que le mot que nous avons lu ces, qui commençait le vers suivant,

et à continué celui-ci comme nous le transcrivons

18. dans le manuscrit, tout est, comme souvent, abrégé en tt

19. dans le manuscrit, même est, comme souvent, abrégé en un “m” surmonté d’un trait

20. dans le manuscrit, sûrement est écrit dans l’interligne supérieur, à la fin du vers,

comme si ce mot avait été ajouté après l’écriture de la suite de l’ajout

21. dans le manuscrit, ce vers et les cinq suivants sont écrits dans la marge de gauche,

dans le sens perpendiculaire à celui du corps du poème, les lignes étant tournées vers l’intérieur de la page ;

le premier de ces vers est écrit sur trois lignes dans la partie de gauche

et il est entouré à droite et en dessous par un trait courbe ;

les autres cinq vers occupent le reste de la marge sur cinq lignes ;

il n’y a aucune flèche ni aucun trait indiquant où ils doivent être placés ;

notre choix est donc en partie conjectural

22. dans le manuscrit, mais est, comme souvent, abrégé en ms

23. dans le manuscrit, comme est, comme souvent, abrégé en un “c” surmonté d’un accent circonflexe

24. dans un premier temps, le poète avait écrit chez nous, puis il a barré chez

25. dans un premier temps, le poète avait écrit pantalons, puis il a barré ce mot et a écrit juste au-dessus frusques

26. dans le manuscrit, comme est, comme souvent, abrégé en un “c” surmonté d’un accent circonflexe

27. dans le manuscrit, Mais est, comme souvent, abrégé en Ms

28. dans un premier temps, le poète avait écrit Mais les étrangers, puis il a barré les, a ajouté un d’ avant étrangers

et a écrit couillons dans l’interligne supérieur, en commencent juste au-dessus de l’espace qui précède le d’ ajouté

29. dans un premier temps, le poète avait écrit

viennent s’installer eux, on peut les / emmerder toute [abrégé en tte] l’année, ça occupe / les longues soirées d’hiver,

puis il a barré tous les mots qui suivaient eux, a écrit sont si rares alors juste au-dessus de on peut les et a continué comme nous le transcrivons ici

30. dans un premier temps, le poète avait écrit Et on se connaît déjà, puis il a barré déjà, et a écrit plus de biais en montant,

en commençant dans l’espace qui suivait connaît, mais il a ensuite également barré ce mot, a continué sur la même ligne en ajoutant bien, alors

et a enfin écrit trop, légèrement de biais en montant à partir de l’espace précédant bien

31. dans un premier temps, le poète avait commencé ce vers par c’est moins drôle, puis il a barré moins et a écrit plus dans l’interligne supérieur,

en commençant au-dessus des deux dernières lettres de moins, et ensuite il a ajouté tellement dans l’interligne inférieur, en commençant en dessous du “t” de c’est

32. dans un premier temps, le poète avait écrit resserre, puis il a transformé ce mot en réchauffe

33. dans un premier temps, le poète avait écrit Pourquoi Pourquoi ils ne sont pas tous, puis il a barré les deux premiers mots

et a écrit malheureusement, ici dans l’interligne supérieur, en commençant au-dessus du second Pourquoi barré

34. dans le manuscrit, comme est, comme souvent, abrégé en un “c” surmonté d’un accent circonflexe

35. dans un premier temps, après nous, le poète avait écrit

c’est malheureux tout [abrégé en tt] de même [abrégé en un “m” surmonté d’un trait] / voyez le résultat,

puis il a barré tous ces mots et a continué comme nous le transcrivons ici

36. dans le manuscrit, comme est, comme souvent, abrégé en un “c” surmonté d’un accent circonflexe

37. dans le manuscrit, Beaucoup est abrégé en Bcp

38. dans le manuscrit, grande est abrégé en gde

39. les mots les vacances [lecture conjecturale] sont écrits dans l’interligne supérieur,

en commençant juste au-dessus de l’espace entre quand et il,

mais une flèche partant de les et allant vers la gauche

indique qu’ils doivent être placés là où nous les transcrivons

40. dans le manuscrit, quand est abrégé en qd

41. dans un premier temps, après morale, le poète avait écrit y a de quoi / devenir, puis il a barré ces mots,

a écrit les traîtres au-dessus de y a de quoi et a continué comme nous le transcrivons ici

42. dans un premier temps, ce vers était suivi du vers que Hitler voulait [voulait est une lecture conjecturale],

puis le poète a barré ces mots et a ajouté, dans la même ligne eux au moins ils et, à la ligne suivante, savent défendre la race pure ;

ensuite il a écrit dans la marge de gauche, sur six lignes, le vers suivant,

bordé d’une sorte de grande parenthèse fermante, dont part un trait irrégulier

indiquant que ce vers doit être placé là où nous le transcrivons ;

enfin, le poète a procédé aux modifications que nous indiquons dans les notes 46 et 47 ci-dessous ;

naturellement, l’ordre des ces modifications et en partie conjectural

43. dans le manuscrit, supérieur est abrégé en >

44. dans le manuscrit, toutes est, comme souvent, abrégé en ttes

45. dans le manuscrit, ce vers est écrit dans l’espace qui précède la strophe suivante,

mais une flèche partant du mot disait et allant vers la gauche le place après le mot car,

à la suite du vers ajouté écrit dans la marge et indiqué dans la note 42 ci-dessus ;

par ailleurs, comme est, comme souvent, abrégé en un “c” surmonté d’un accent circonflexe

46. comme nous l’avons signalé dans la note 42 ci-dessus, le poète avait d’abord écrit eux au moins ils / savent défendre la race pure,

mais ensuite il a ajouté à la fin du premier de ces deux vers ont et dans le deuxième il a barré savent,

a écrit en dessous su et a transformé la en leur ; puis, le poète a tiré un trait après ce vers et

finalement il a barré le verbe défendre pour écrire en dessous préserver, mais cela sous le trait précédemment tiré ;

naturellement, l’ordre des ces modifications et en partie conjectural

47. dans un premier temps, le poète avait écrit

péché ça. c’est Marine la / fille [un ou des mots illisibles]

qui me l’a dit, qui parle / sans arrêt de Nationalité et / d’identité Nationale

puis il a barré tous les mots à partir de Marine et a écrit dans l’interligne supérieur, l’autre là,

en commençant au-dessus de l’espace qui suit c’est ;

le mot fille ainsi que le ou les mots illisibles sont barrés de plusieurs traits denses formant un triangle

48. il semblerait que, dans un premier temps, le poète avait écrit la Jeanne d’Arc qui parle,

puis que, dans l’interligne supérieur, il avait écrit avec ses quatre panaches, en commençant

juste au-dessus de l’espace entre d’Arc et qui ;

ensuite, il a transformé ses en son, a barré quatre pour écrire en dessous Napoléon,

mot qu’il a souligné en prolongeant le trait de soulignement d’une flèche

indiquant qu’il devait être placé après panaches, dont le “s” n’est pas vraiment formé ;

notons enfin que panache(s) est une lecture en partie conjecturale

49. les mots de la nécessité résultent d’une lecture conjecturale, car ils sont écrits dans l’interligne supérieur,

juste au-dessus de de sauver, mais par-dessus deux autres mots, qui pourraient être du devoir

50. dans un premier temps, ce vers commençait par un mot que le poète a barré de plusieurs traits,

ce qui le rend difficile à comprendre, mais qui pourrait être française

horizontal rule

éric meyleuc

inédit

© ayants-droit d'Éric Meyleuc

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© Pedro Vianna                                                    dernière mise à jour : 15 septembre 2022